Les agriculteurs calédoniens veulent cultiver les terres coutumières

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Agriculture. Pour prétendre à l’autosuffisance alimentaire, les agriculteurs calédoniens veulent agrandir leur exploitation. De plus en plus, les terrains convoités se trouvent sur des terres coutumières. Les situations sont parfois délicates et l’ADRAF tente de résoudre certaines frictions.

Sur le vaste territoire de Nouvelle-Calédonie, l’agriculture ne représente que 13 % de la surface. 65 % des terres appartiennent au régime foncier privé, 25 % relève du droit coutumier et les 10 % restants sont des terres domaniales appartenant au gou- vernement, provinces et communes, selon les chi res de la DA- VAR de 2010.

Aujourd’hui, le territoire produit seulement 15 % de ses besoins alimentaires. Le gouvernement actuel a che la volonté de tendre vers l’autosu sance alimentaire, comme cela a été possible à la Réunion. Mais pour y arriver, il faut développer l’agriculture sur des terres, parfois coutumières.

Une terre coutumière ne s’achète pas


En Nouvelle-Calédonie, deux régimes de droit foncier cohabitent : la propriété privée qui est un droit commun comme en métropole et les terres coutumières achetées par l’administration et rétrocédées aux populations kanak. L’agence de développement rural et d’aménagement foncier (ADRAF) joue un rôle d’interface entre ces deux droits, elle existe depuis les accords de Matignon-Oudinot en 1988. Le groupe politique Calédonie Ensemble souhaiterait que les compétences de l’ADRAF soient transférées de l’Etat au gouvernement de Nouvelle-Calédonie. « Nous voudrions que l’ADRAF assure la gestion de l’ensemble du foncier pour une meilleur valorisa- tion (droit privé, doit coutumier et domaine public). Elle a une vraie expertise et pourrait devenir un o ce foncier qui manque cruellement en Nouvelle-Calédonie », commente Nicolas Metzdorf, élu à la Province Sud.

Les terres coutumières sont, à ce jour, gérées par les Groupements de droit particulier local (GDPL foncier) créés dans les années 90. « Les deux régimes de droits sont reconnus et doivent co-exis- ter en Nouvelle-Calédonie. Quand le chemin coutumier est respecté, les choses peuvent se faire assez

facilement, par contre quand il y a des appétits économiques forts, il peut y avoir des dérapages », explique un technicien de l’ADRAF. Ainsi, les terres des tribus ou des clans ne peuvent pas être ache- tées, vendues ou saisies, elles sont inaliénables mais il est possible de les louer. L’ADRAF conseille de les louer sur une période d’une « génération décisionnelle », c’est-à- dire,20à30ans.«Ce sontdes équilibres à trouver, un art de discuter, convaincre, expliquer, en essayant d’atteindre la relation gagnant-gagnant », continue le technicien. Article tiré du magazine ACTU.NC