Port autonome Nouvelle-Calédonie : « Avoir un terminal croisière est notre premier objectif »

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Maritime. Le nouveau directeur du Port autonome, Daniel Houmbouy, a pris ses fonctions le 1er juillet 2016. Originaire des îles, il succède à Philippe Lafleur qui était à ce poste depuis 25 ans. Le port autonome est un établissement public qui gère le port dans son organisation, le service de la navigation sur le plan d’eau, la gestion du domaine et les infrastructures et la sécurité des installations.

Quelles sont les priorités du schéma directeur 2014-2024 ?

Nous nous positionnons plus dans une approche clients-fournisseurs, les clients étant les usagers. Le schéma directeur priorise les investissements à 10 ans, nous voulons présenter le port autonome également comme une offre de services.

La priorité est donnée à la croisière avec des quais, un plan d’eau, une infrastructure pour une gare maritime. La croisière est un secteur d’activité auquel il faut adresser un service dédié comme un terminal sécurisé, aux normes, avec la possibilité de prendre en charge les croisiéristes sur le bateau. Aujourd’hui, sur le grand quai, on accueille les navires qui ne peuvent pas rentrer dans la petite rade et qui accostent au milieu des conteneurs.

Avoir un terminal croisière est notre premier objectif : les travaux sont estimés à 8 milliards de francs.

Aujourd’hui, on a 700 mètres de quai, 1 000 mètres seront nécessaires pour avoir un poste dédié exclusivement à la croisière et un poste où les paquebots seront prioritaires.

Vous êtes le premier port d’Outre- Mer en tonnage. Quels sont les développements prévus ?

Pour l’activité de commerce international, nous enregistrons 1,8 million de tonnes de marchandises en 2016 (sans le transport minier). Il est prévu un prolongement du grand quai de 250 mètres pour augmenter la capacité d’accueil du terminal (qui aujourd’hui mesure 700 mètres). Nous reprenons une construction qui a été interrompue en juin 2015, suite à des aléas juridiques. L’ investissement est de l’ordre de 4 à 5 milliards.

Le transport minier dope nos chiffres (3,1 millions de tonnes de minerai à Doniambo) et nous propulse à la première place des ports d’Outre-mer. Sans l’activité minière et avec le carburant, comme je le disais, le trafic est de 1,8 million de tonnes en 2016, ce qui est comparable aux Antilles. Aujourd’hui, on ne peut pas accueillir de plus gros navires. L’agrandissement du Canal de Panama n’a pas d’ influence sur Nouméa. Nous pourrons accueillir des bateaux avec 13 mètres de tirant d’eau, on ne joue pas dans la même cour que Panama au niveau des échanges internationaux. Par contre, nous nous inscrivons dans une évolution des infrastructures concomitantes à l’évolution de la taille des navires de commerce. Rien, aujourd’hui, ne nous interdit d’être un hub pour le Vanuatu, Fidji, etc. Mais ce n’est pas la seule autorité portuaire qui va le décider, le dialogue avec les compagnies conditionnera condi- tionne la mise en place. Le transbordement se développe à l’initiative des compagnies, nous construisons des quais qui permettent d’avoir plus de conteneurs.

Des changements sont-ils prévus pour le commerce inter-îles ?

A Noumea, une nouvelle zone de ca- botage a été construite il y a cinq ans pour les compagnies actuelles. Aux Loyauté, seule Lifou est gérée par le port autonome. Nous améliorons les infrastructures pour accueillir dans

les mêmes conditions les trois opérateurs. Historiquement, il y a toujours eu deux compagnies maritimes. Nous allons doubler le dock pour pouvoir offrir le même volume de stockage aux trois opérateurs. Les autres ports sont gérés par la Province. Tous les quais des îles ont les mêmes dimensions et peuvent accueillir des na- vires de 80 mètres. Ca reste cohérent, en rapport avec les populations, ça ne sert à rien de dimensionner trop gros.

Un projet de soutage au port autonome est en cours, pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, c’est un projet d’ investisseur privé qui demande les autorisations administratives pour disposer d’un mouillage permanent pour un pétrolier. Le projet consiste à faire du soutage d’un bateau à un autre pour lui fournir du carburant. Cette modification a été autorisée, le dossier est aujourd’hui à l’ instruction au gouvernement. Cette activité pourrait participer à l’attractivité du port, un service principalement dédié aux na- vires internationaux. Ainsi, il pourrait se ravitailler au port au même titre que la gestion de la fourniture d’eau, des déchets, etc.

Comment le port autonome compte-il organiser les mouillages forains ?

Nous avons effectivement un manque de place et nous voudrions organiser les mouillages dès 2017. Nous sommes dans une situation un peu dangereuse à Moselle et Nouville car les navires sont sur le passage des paquebots. Aujourd’hui, les zones de mouillage sont autorisées mais pas organisées. Notre priorité va à la baie de l’Orphelinat, Nouville et l’extension de Port Moselle. Un autre projet du schéma directeur est de créer 500 places de marina, la ville de Noumea étudie la possibilité de créer une marina en Baie de Sainte-Marie, il y a aussi un projet privé à Dumbéa.

Les blue boat vietnamiens arraisonnés étaient amarrés sur un coffre du port autonome. Pourquoi ?

Nous mettons à disposition des infrastructures à la demande et selon leur disponibilité. A leur arrivée les bateaux avaient été amarrés sur coffre pour des raisons pratiques et des mesures avaient été prises pour les rendre inopérants. Mais deux des trois navires ont tout de même réussi à prendre le large. Lire la suite dans ACTU NC