Le repas sur un navire militaire : tout un cérémonial !

0
700
Pacifique. À bord de la frégate de surveillance Vendémiaire, à Nouméa la qualité du repas est très importante. En mer, les marins mangent ensemble matin, midi et soir. Garantie d’une bonne entente sur le navire, les repas sont un moment de détente mais restent très codifiés.

“VIVE LE COMMANDANT”

« Le déjeuner du Commandant est servi » crie le maître d’hôtel. « Vive le commandant », répondent en chœur les convives du carré Commandant. Chaque jour, c’est le même rituel dans la salle de repas, appelé le carré, du Commandant. Au menu du jour, marlin à la sauce curry coco et cumin accompagné de son riz et de ses carottes Vichy. Au carré Commandant, les repas sont servis à l’assiette et la table est dressée avec des couverts en argent poinçonnés. Le repas reste le moment de détente où les officiers ne parlent pas de leur travail à bord. Le plus jeune de la tablée, appelé le midship, est d’ailleurs là pour rappeler les règles à table. C’est aussi à lui que revient l’honneur de choisir son dessert !

« LE MORAL DU BATEAU EST EN JEU »

Sur le Vendémiaire comme sur les autres navires de la Marine nationale, chaque grade dispose de son lieu de détente et de repas : la cafétéria pour l’équipage, le carré pour les officierscmariniers et officiers mariniers supérieurs (OM et OMS) et le carré Commandant pour les officiers.

Le chef de cuisine François M. a préparé une mousse banane-mangue pour le carré Commandant. Le déjeuner et le dîner sont servis en « deux soupes ». Pour nourrir les 80 à 90 personnes de la frégate, quatre cuisiniers s’affairent derrière les fourneaux. Le même repas est servi du  du matelot au commandant avec quelques différences sur la présentation et le service. Chaque jour, le pain frais est préparé à la boulangerie du bord. Pour élaborer les menus, le chef de cuisine François M. s’appuie sur les produits locaux des pays où se rend le bateau : « Dès que nous sommes sur Nouméa, nous commandons des produits frais, du congelé, de l’épicerie mais je regrette de ne pas avoir plus de fruits locaux », dit-il. François M. est chef de cuisine sur le Vendémiaire depuis deux ans mais il est engagé dans la marine depuis 1994. Auparavant, il a suivi un Bac pro restauration à Noirmoutier et s’est perfectionné dans la pâtisserie-chocolaterie. « Ce qui me plaît dans mon métier, c’est de faire plaisir aux gens. L’équipage doit passer un bon moment à table, le moral du bateau est en jeu », continue le chef.

Les traditions culinaires perdurent dans la Marine Nationale : le lundi, steak-frites ; le jeudi, repas amélioré (foie gras, entrecôtes…) et le vendredi, poisson

. « Dans un navire comme ça, on peut tenir un mois sans être ravitaillé », commente le cuisinier qui travaille main dans la main avec le commis aux vivres, Dominique C. Ce dernier est chargé d’approvisionner en vivres le bateau pour nourrir l’équipage tout en respectant un seuil de 10 euros le repas par personne. Dominique C. doit toujours avoir dans sa cambuse (garde- manger) 15 jours de vivres au cas-où le bateau partirait inopinément, ce qui représente entre 1,5 et 2 tonnes de viandes et poissons congelés et tout autant de boîtes de conserve. Au total, avec les palettes d’eau, la frégate transporte environ 6 tonnes de vivres. Lire la suite paru dans le magazine 4 étoiles